lundi 20 novembre 2017

Com-mu-ni-quer avec les familles

Mes professeurs nous avaient prévenus que beaucoup de plaintes concernant l'hôpital venaient d'un défaut de communication.  Cela peut aller de l'infirmière qui n'est pas au courant du dossier et qui balance des bêtises "oui, il a eu une fracture de côte", alors qu'on la cherche encore sur la radio, à "il est mort, c'est la fatalité". 
Et comme la famille a eu à  redire sur les soins et le comportement du personnel, n'a pas compris toute la démarche médicale, elle porte plainte. 
Les infirmières n'ont pas le droit de dire le diagnostic ni le traitement médical, certains internes sont trop occupés pour parler à la famille "moi je fais de la médecine!" le médecin chef a aussi beaucoup de travail et personne ne s'arrête, pris de pitié pour la famille qui attend la moindre petite information. 

OK, dans l'absolu c'est une perte de temps de parler à la famille, c'est le malade qui compte. D'ailleurs on organise de grands staffs avec toute l'équipe pour décider de la marche à suivre.

Pendant ce temps dans le couloir  la famille réclame avec insistance des éclaircissements. Dans le meilleur ( pour qui?) des cas elle abandonne, dans le pire elle porte plainte. 
Que de temps, de larmes gaspillés!

Et pitié, pas le psychologue ni un autre intervenant extérieur: c'est au médecin de perdre, gagner du temps futur en expliquant les tenants et les aboutissants.

Ce n'est pas la peine d'encombrer les CCI (commission de conciliation et d'indemnisation) avec des bêtises ce ce genre. 




mardi 14 novembre 2017

dimanche 12 novembre 2017

Les patients jugent leur médecin

Je suis allée par hasard sur les pages jaunes et ai vu trois avis me concernant: deux 5/5, et un malotru 3/5! Pourquoi venait-il en consultation avec son épouse et ses deux enfants alors? Certains médecins ne seront-ils pas plus compétents à ses yeux? Ou alors il est maso, ou alors il se dit "faute de grives on mange des merles".

Je propose que l'on fasse un site où l'on met une note à chacun de ses patients.  Et pour lui ma note d'appréciation serait peut-être : "je ne suis pas à l'aise avec ce patient car il ne se livre pas entièrement, et alors je n'ai pas toutes les billes pour le soigner convenablement". Vrai ou pas. J'ai l'habitude d'avoir des patients, quand ils ne sont pas contents, qui disent à leur façon: "docteur, vous me faites iech"  Et j'espère qu'il me lira.

Cette utilisation d'internet n'est pas agréable. 

vendredi 10 novembre 2017

expertise-contradictoire amiable-contreexpertise dans l'ordre

Quand une victime a eu un accident de voiture, mettons qu'elle a le pied en compote. 
Elle va voir un expert mandaté par l'assurance au bout de quelques mois. Ceci est gratuit, inclus dans la réparation juridique.
Si elle n'est pas contente (on a oublié le fait qu'elle a dû se faire aider durant six mois par exemple et elle a mal au dos suite à l'immobilisation, et ne peut plus faire de football), elle en fait part à l'assurance.

L'assurance va parfois répondre "on va diligenter une contre-expertise". Et les 800 ou 1000 euros que l'expert va demander sont à sa charge.

Ou bien, le schéma logique est légal est : une expertise contradictoire. Il y a le premier expert, un médecin de recours et la victime. C'est encore gratuit. Les honoraires du  médecin de recours sont incluses  dans les frais divers. 

Je n'avais pas fait attention il y a un an, mais une de mes victimes a failli se faire avoir. Heureusement, elle a réclamé, l'assurance s'est fait prier durant quelques mois, puis a cédé.

C'est juste légal. 

jeudi 9 novembre 2017

préparer son expertise

Vous ai-je déjà dit qu'il faut préparer sa réparation en amont, bien en amont du passage chez l'expert?

C'est bien simple, vous allez voir un spécialiste, certificat.
Vous avez une ordonnance, vous la scannez et photocopiez.
Vous trouvez que votre certificat médical initial est un peu léger: vous vous précipitez chez votre médecin le plus vite possible pour rajouter les préjudices: par exemple une fracture du bras, on n'oublie pas les dermabrasions, les douleurs du genou, les hématomes, les douleurs costales qui peuvent traduire une fracture.


Pourquoi? L'expert va construire son raisonnement et son compte-rendu d'après le certificat médical initial.

Donc, pour enfoncer le clou: Le certificat médical initial  est la prunelle de vos yeux.

Pour ceux qui n'ont pas eu ce certificat complet, il y a toujours moyen de demander le bilan initial aux pompiers, ou le dossier d'hospitalisation.
Par exemple, le genou n'a pas été marqué sur le certificat,  mais une infirmière a noté la douleur au genou durant l'hospitalisation. 

N'oubliez pas, votre bonne fois ne suffit pas, il faut des preuves. Pas toujours facile mais payant. 

vendredi 3 novembre 2017

Prescrire moins pour soigner mieux, le nouveau défi de la médecine


Née aux Etats-Unis en 2012, l’initiative « Choosing Wisely », qui pousse les professionnels de santé à diminuer les prescriptions médicales, s’étend dans une vingtaine de pays, dont la France. Une philosophie pour lutter contre l’hypermédicalisation, tout en soignant mieux.
LE MONDE |  |Par 
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A doctor monitors an X-Ray at the Argenteuil hospital in the suburbs of Paris on July 22, 2013. AFP PHOTO / FRED DUFOUR / AFP PHOTO / FRED DUFOUR
Ne pas demander de radiographie pour un mal de dos évoluant depuis moins de six semaines, sauf en cas de signaux d’alarme ; ne pas utiliser en routine des antibiotiques ­locaux sur une plaie chirurgicale ; ne pas pratiquer de frottis cervico-vaginal chez les femmes de moins de 21 ans ou qui ont eu une ablation de l’utérus pour une maladie non cancéreuse… Bref, prescrire moins et à meilleur escient examens complémentaires, médicaments et autres traitements médicaux ou chirurgicaux.
Voici la philosophie du programme américain « Choosing ­Wisely » (« choisir avec soin »), qui comporte quelque 500 recommandations destinées aux professionnels de santé et au public. L’initiative, qui a démarré en 2012, se décline dans une vingtaine de pays dont le Canada, le Brésil, l’Australie, l’Inde, le Japon, le Royaume-Uni, l’Allemagne, et la France.
Une évolution de la culture médicale venue du terrain
Avec cinq ans de recul, trois chercheurs de l’université du Michigan tirent un premier bilan du volet américain du mouvement dans la revue Health Affairs de novembre. « Choosing Wisely a été motivé par l’idée que les professionnels de santé et les sociétés savantes devraient prendre l’initiative de définir quand des tests ou des traitements ne sont pas nécessaires ou qu’ils sont délétères,expliquent Eve Kerr et ses deux coauteurs. L’accent a été mis en grande partie sur le changement de la culture médicale, qui a longtemps épousé la croyance qu’en matière de soins, le plus est le mieux. »
Une évolution de la cultu­re médicale qui passe aussi par la sensibilisation des patients à cette lutte contre l’hypermédicalisation.
«  Il s’agissait d’éviter le gaspillage sans limiter les soins nécessaires aux patients.  »
L’idée est partie d’un article paru dans le New England Journal of ­Medicine,en 2009, « pointant la ­nécessité d’une démarche éthique autant qu’économique pour accompagner la réforme du système de santé, résumait..
http://www.lemonde.fr/sciences/article/2017/11/01/prescrire-moins-pour-soigner-mieux-le-nouveau-defi-de-la-medecine_5208783_1650684.html

Comme quoi  c'est faisable. 
Je me suis évertuée durant 22 ans à accomplir cela contre vents et marées, même si certains médecins du canton me trouvaient un peu étrange. C'est  leur ressenti. Mais si je ne pratiquais pas une médecine "soft" comme je l'imaginais, au niveau bien-être mental cela n'aurait pas été ça. 




dimanche 29 octobre 2017

LE DÉPARTEMENT DE SAÔNE-ET-LOIRE VA RECRUTER 30 MÉDECINS GÉNÉRALISTES !


 La Saône-et-Loire va innover en matière de santé : à la rentrée 2017, le Département entend lancer le recrutement d’une trentaine de médecins généralistes qui seront répartis sur l’ensemble du territoire, en plus d’un projet de création d’un centre de santé départemental. Une première en France !

 LUTTER CONTRE LA RARÉFACTION DE MÉDECINS
 En Saône-et-Loire, la densité de médecins généralistes est, depuis plusieurs années, nettement inférieure aux densités régionale et nationale. Au 1er janvier 2016, la Saône-et-Loire compte 635 médecins généralistes, libéraux ou salariés, ce qui représente une densité de 110,4 médecins pour 100 000 habitants alors qu’elle est de 125,6 en région et de 132,1 en France.
 Le Département a mis en place dès 2013 le dispositif installeunmedecin.com afin de favoriser l’installation et le maintien des professionnels de santé dans son territoire à l’aide notamment de mesures financières.
 Au total, depuis sa mise en place, le dispositif installeunmedecin.com compte 92 bénéficiaires d’aides financières (28 en 2016) pour un montant total de crédits engagés de près d’un million d’euros. Mais pour redynamiser les dernières initiatives, le Président du Département, André Accary, a annoncé ce lundi 19 juin, sa volonté de recruter une trentaine de médecins généralistes qui seront répartis sur l’ensemble du territoire, avec un salaire fixe et en équivalent temps plein (ETP). 

 UN CENTRE DE SANTÉ DÉPARTEMENTAL COMME BASE OPÉRATIONNELLE 
 Pour accueillir les futurs médecins « départementaux », le Département a lancé un projet de création d’un centre de santé départemental afin de proposer une réponse coordonnées et garante de l’équité territoriale.
 Pour André Accary, le centre permettra de « donner un certain confort à des candidats, avec contrat de travail, et une unité centrale pour la gestion [pour que] le médecin recruté fasse son métier, c’est-à-dire consulter et être décharger des tâches administratives ».
 Cette expérience permettra notamment : D’apporter une réponse souple et rapide aux besoins des Bassins de vie frappés par la désertification médicale ; De constituer une offre attractive, avec des conditions d’exercice adaptées sans générer de concurrence entre les collectivités locales ; D’améliorer la réponse sanitaire aux besoins croissants ; Liés au vieillissement de la population. En souhaitant être le premier à expérimenter la création d’un centre de santé à l’échelle de son territoire, de recruter directement des médecins généralistes, l’objectif de la Saône-et-Loire est clair : faire de la santé une mission départementale.
http://www.departements.fr/departement-de-saone-loire-va-recruter-30-medecins-generalistes/

On pourrait penser " chic en vlà une bonne idée de la Saône et Loire!"
A part que des confrères de:
- Isère
- Lille
- Essone
- Aisne, le 80
- Alsace
 au moins l'ont reçue.
C'est une mise à mort de la médecine générale à petit feu et les confrères, vous ne vous en rendez pas compte? Tout est fait pour nous faire rendre notre tablier et installer ces futurs médecins en CDI! 
Vous êtes des mammouths, et la Sécu ne veut plus de cela. (on se fiche en passant que vous soyez compétents et corvéables à merci).