mardi 31 mai 2016

suite de la Saga Sécu

La suite de l'histoire avec la Sécu:

Ma patiente ne s'est pas démontée: sur mes conseils elle a téléphoné à plusieurs médecins agréés Sécu et en a trouvé un à 30 km qui est tout prêt à la voir en expertise! je crois que la Sécu l'avait oublié...

Entre temps j'ai téléphoné au médecin qui voulait faire se déplacer ma patiente à 2h45  de route de chez elle en lui demandant s'il pouvait y avoir un médecin plus près. Elle m'a répondu que les experts Sécu sont rares et qu'elle n'en a pas trouvé un plus près! Et qu'elle était désolée.

Alors j'ai fait joué mes relations: grâce à mes relations privilégiées en tant que délinquante de la Sécu ( délit statistique d'arrêts de travail), j'ai réussi à faire connaître l'affaire en haut lieu. 

On m'a conseillé d'écrire à MS Touraine. A quoi bon? Il y a la France d'un côté, les hommes politiques de l'autre, une ère pré-révolutionnaire. Mais peut-être qu'un journal ou un syndicat serait intéressé...

lundi 30 mai 2016

Des droits bafoués

Une de mes patientes a eu un accident de travail, reconnu par le travail mais réfuté par la Sécurité Sociale. Un genre de malaise; le SAMU est arrivé, hospitalisation de quelques jours etc. 
Il s'est trouvé que la patiente souffrait de harcèlement.

La Sécu n'a pas accepté. Alors j'ai écrit une lettre de contestation, ainsi que la patiente en rappelant la définition d'un accident de travail:  « Est considéré comme accident du travail, quelle qu'en soit la cause, l'accident survenu par le fait ou à l'occasion du travail à toute personne salariée ou travaillant, à quelque titre ou en quelque lieu que ce soit, pour un ou plusieurs employeurs ou chefs d'entreprise.»

Le médecin de la Sécu n'a pas dû aimer; il m'a demandé de choisir l'un des deux noms d'expert (pour nous départager)  qu'elle proposait: l'un à 2h45 de route, l'autre à 1h40!   C'est à dire à l’extrême  l'autre bout de la région!
J'ai appelé gentiment le médecin pour lui demandé s'il n'y avait personne de plus proche pouvant faire cette expertise. Il m'a répondu: " Il y a très peu de médecins agréés, j'ai fait ce que j'ai pu". 

Que faire? 
Suite rapidement, ma patiente ne peut pas voir bafouer ses droits, qu'on ait aussi peu de respect pour elle. 




vendredi 27 mai 2016

Un expert, ça s'apprivoise

Une expertise pour un accident de voiture ce jour; je ne connaissais pas cet expert.
Quand nous sommes entrés, le mari, l'épouse et moi, il a tenté de refouler l'épouse: " ce n'est pas utile, le dr Vincent est là pour rappeler les choses". Finalement l'épouse est entrée.
Mais on voyait que l'expert malgré  sa façade courtoise, et ses paroles feutrées était fou furieux, non seulement d'être contredit mais aussi de se tartiner un médecin de victime, un empêcheur de danser en rond qui ne lui permettrait pas de mener son expertise à sa guise.

Au bout d'une heure de soupe à la grimace, alors que la victime était partie en salle d'attente afin que nous délibérions sur les postes de préjudices, je l'ai entrepris: " Il faut que je vous dise, vous ne me connaissez pas; je ne suis pas à pour défendre avec force la veuve et les victimes, je souhaite juste mettre un peu d'huile dans les rouages, que l'expertise se passe bien, que chacun soit content et qu'on ne soit pas à partir en contre-expertise.  je suis médecin de victime car j'en ai ras-le-bol d'être malmené par la Sécu concernant mes arrêts de travail, ça me fait faire autre chose".

J'ai tout sorti, d'un trait. Et il s'est déridé!  Ouf, la prochaine fois il sera beaucoup moins glacial. Il  a compris qu'un médecin de victime n'est pas un Don Quichotte qui se bat contre les moulins à vent, ou   un Godefroy de Monmirail qui pourfend la calandre d'un taxi. 

Les plaques de Reason

J. Reason a proposé un modèle simple pour illustrer la complexité de l’enchaînement des évènements pouvant amener à un incident ou un accident : une série de plaques trouées… La simplicité de l’analogie rend l’idée géniale : chaque maillon de la chaîne de sécurité est modélisé par une plaque et un trou dans cette plaque symbolise une faille dans la sécurité : manque d’entraînement, d’expérience, mauvaise pratique, connaissances insuffisantes, mauvais entretien d’un système, etc…

Si les plaques sont mises en perspective, il y a deux options :
  1. il n’y a pas d’alignement des trous, signe que l’une des plaques au moins à joué le rôle de « sécurité » : aucun n’incident/accident ne se produit.
  2. il y a alignement des trous et malgré tous les éléments susceptibles d’empêcher un incident/accident, aucune sécurité n’a pu l’empêcher…
illustration des plaques de Reason
http://controle-aerien.chakram.info/facteurs-humains-les-plaques-de-reason/

Bien intégré?
Bon, alors maintenant on va extrapoler cela aux catastrophes médicales: un homme sportif est allé se  faire opérer d'une opération bénigne et actuellement il est sur un lit de soins palliatifs, inconscient et branché de partout. Tous les trous ont été alignés pour son grand malheur, c'est la faute à plusieurs facteurs, humain comme organisationnel et malheureusement il y a de quoi écrire 70 pages.
J'espère juste que son épouse et ses enfants n'auront pas à subir les expertises et contre-expertises encore longtemps car cela devient insupportable pour eux. 

mercredi 25 mai 2016

il suffit d'un changement de position...

Je n'avais pas vu un patient depuis quelques années, un peu rondelet, mais faisant des efforts pour limiter la montée des kilos. 
Il commence ainsi: "docteur, quand je fais l'amour avec ma copine, j'ai des céphalées, et plus je m'approche du moment X plus les céphalées augmentent". 

J'ai posé toutes les questions possibles, antécédents familiaux d'infarctus ou hypertension, tabac, alcool, H,  sport, etc. 
Il continue: " je suis allé voir un médecin avant vous, je ne veux pas vous mentir, elle m'a dit qu'il fallait que je me mette un anneau gastrique car j'étais trop gros, et que je fasse une prise de sang. Ma copine était folle furieuse". 

Je l'examine: "mais vous avez une contracture au cou! Et aux épaules aussi!
- C'est vrai que le matin je dois me dérouiller, car j'ai mal partout.
- Alors je vais vous poser d'autres questions: quelle position adoptez-vous quand vous êtes agréablement avec votre copine?
- Le missionnaire.
- Je vous conseille de changer, il y a tout un tas d'autres  positions fort agréables". 
je n'ai pas détaillé, Brigitte Lahaie le ferait autrement mieux que moi.

C'est un homme hilare qui m'a quittée  et il a une solution à son  problème!  L'anneau attendra. 
Il va aller voir l'ostéopathe et on n'en parlera plus. 

samedi 21 mai 2016

Je vais vérifier les arrêts de travail des confrères!

Une société me propose de contrôler les arrêts de travail de salariés; l'entreprise leur téléphone pour qu'ils trouvent un médecin capable de faire une visite en 48 heures maxi, et le médecin se déplace ou reçoit au cabinet, au choix.

N'est-ce pas une bonne idée! Pour ceux qui lisent mon blog depuis quelques temps la situation est croustillante. Et le pire, est que je vais accepter! 

Mais ce choix n'est pas incohérent, je suis une professionnelle des arrêts de travail  (c'est vrai, c'est la Sécu qui le dit), je tâche de les faire à chaque fois au plus juste; allier le désir du patient de retravailler, la difficulté du travail, du trajet avec la pathologie.

Et puis les gendarmes ont souvent été des mauvais garçons durant leur adolescence. 



vendredi 20 mai 2016

Ne pas espérer toucher de l'argent sur son préjudice

Une de mes victimes n'est pas satisfaite, son assurance refuse de lui rembourser ma prestation. Et elle lui a donné 500 d'euros d'acompte en disant "ça servira à rembourser votre médecin".
OK elle outrepasse ses droits et je vais tenter de l'aider là-dessus.
Et la victime a continué: " vous m'aviez fait miroiter des bonnes sommes, et je me retrouve avec presque rien".

Il faut savoir qu'en France  il n'est pas possible de s'enrichir de son préjudice au contraire des USA. Mais on peut aussi être indemnisé au mieux, on doit être réparé de façon qu'on a la même vie au niveau financier après qu'avant l'accident. 

Dans la fonction publique il existe des ATI, allocations temporaires d'invalidité données pour 5 ans, et il existe des "chasseur d'ATI", c'est  à dire que certains se font des accidents de travail pour toucher un pécule non imposable et en sus de la retraite. Gore non! Mais vrai, un de nos professeurs nous l'a certifié. 

Une victime d'un gros malotru

Un de mes patients a reçu un coup de poing magistral avec quelques dents cassées.
Quand il est arrivé pour la suite des soins, c'est évident que j'étais désolée pour lui, mais au fond de moi je me disais très égoïstement   " une victime, du travail". 
Mais je le rappelle: je ne peux intervenir que quand la personne est en convalescence, en cours de consolidation, afin de lui faire valoir ses droit à la réparation.
N'empêche que dans son malheur cette victime a de la chance: son dossier sera béton pour l'expertise et elle sait qu'il faut qu'elle contacte la CIVI, commission d'indemnisation des victimes d'infraction. Ca serait évidemment mieux qu'elle contacte un avocat, c'est son choix. 

Mais c'est un peu comme le médecin en manque de patients qui se réjouit en décembre: "chic, c'est la période de la grippe, je vais travailler!"  C'est quand même un drôle de boulot que l'on fait. 

mercredi 18 mai 2016

veut-on semer la zizanie entre les médecins?

Une consœur urgentiste en clinique a reçu il y a quinze jours,  bien contre son gré le médecin de la Sécu: " vous faites trop d'arrêts de travail, ce n'est pas bien du tout!"
Alors il paraît qu'elle a pris une décision: deux jours d'arrêt pour toutes les pathologies avec ordre de retourner chez le médecin traitant pour prolonger... lequel médecin traitant (moi en l’occurrence), va écrire sur chaque arrêt: " arrêt refusé par les urgences de la Clinique".

Veulent-t-ils nous monter les uns contre les autres qu'ils ne s'y prendraient pas mieux. 

lundi 16 mai 2016

expertise: parfois la foire d'empoigne

Dans les expertises cela peut devenir la foire d'empoigne entre le médecin des assurances qui défend l'assurance et moi la victime. Çà se passe à coup de chiffres, le préjudice  et la vie de la victime  sont déballés parfois sans précautions, et si la victime est présente parfois elle craque. L'une d'elle, alors qu'il y avait son avocat, moi le médecin de victime, l'expert et le médecin des assurances en train de "discuter le bout de gras avec conviction et passion" nous a rappelé amèrement: "mais c'est de moi qu'il s'agit, d'un être humain qui a souffert, comment pouvez-vous ne pas en tenir compte?"
J'avais eu beau briefé ma victime: " attention, vous entendrez des choses pas forcément agréables, gardez votre self-contrôle, c'est important". Elle a craqué et je comprends. 

Mais beaucoup d'experts demandent à la victime de sortir avant que l'escarmouche n'ait lieu.  
Et l'expert doit avoir une sacré dose de finesse et de persuasion pour mettre tout le monde d'accord, sinon on court à la contre-expertise et c'est le bazar. 

Brigitte Fontaine -Ame te souvient il (Verlaine, Ferré)

vendredi 13 mai 2016

On a gagné!

Une victime n'était pas contente de son taux de handicap et de la durée de son accident, alors nous sommes parties en expertise contradictoire, c'est à dire l'expert, la victime et moi. 
Et heureusement que les experts la plupart du temps demandent aux victimes de sortir: nous avons des conversations de marchand de tapis, on négocie chaque poste  de préjudice, chacun défend sa partie, moi la victime, l'expert l'assurance.
Et on a intérêt à se mettre d'accord, sinon ça repart pour un tour en expertise arbitrale. Et c'est la victime qui trinque car elle n'est pas prête à se faire indemniser.

Et nous avons gagné!  La victime a récupéré les postes de préjudice auxquels elle pensait avoir droit et son taux d'AIPP ( atteinte  à l'intégrité physique et psychique) augmenté.

C'est gratifiant, sûrement plus que la consultation avec le zigoto qui a falsifié un de mes certificats pour s'acheter une arme, même que je suis allée à la gendarmerie avant hier, et demain pour finaliser ma plainte.
Il y en a un de plus qui a perdu son médecin traitant. 

mercredi 11 mai 2016

Un homme de terrain

Une expertise ce jour,  une infection suite à une opération, à priori la faute à pas de chance, mais ça s'indemnise.  Le chirurgien mis en cause était présent, son avocat et le représentant de l'hôpital. 
L'expert regarde la mission qui lui est confié et remarque: "il n'y a pas de préjudice sexuel.
- (moi) si monsieur, en dernière page,  le juge le notifie".
Un peu plus tard, il demande au patient ce qu'il fait toute la journée avec sa cheville handicapée: " je ne fais rien, je regarde la télé". et je rajoute: "effectivement c'est un homme de terrain  (il n'a pas fait beaucoup d'études et n'aime pas lire, il ne se sait pas se servir d'un ordinateur, il préfère le bricolage, le vélo, le foot). 
Un peu après le juge demande: " y a-t-il une possibilité de reclassement, un poste plus sédentaire? 
- (lui) non, rien, pas possible
- (moi) Effectivement il ne peut pas être secrétaire ou à l'accueil, c'est un homme de terrain".

Et un peu avant la fin de l'expertise: l'expert demande: "Y a-t-il un préjudice sexuel?
- (lui) oui, j'y vais très peu.
- (moi), plutôt pas du tout.
- (l'expert), ah oui? Combien de fois avant l'accident?
- (lui) Deux à trois fois par semaine au moins.
- (Moi) Je vous l'avais dit, c'est un homme de terrain".
Monsieur l'expert s'est donné une contenance je crois pour ne pas s'étouffer de rire". 



responsabilité médicale et licence de tir

Une de mes patientes se fait suivre en parallèle par un psychiatre depuis plus de dix ans. Autant dire que je n'ai pas la haute main sur ses prescriptions. Et je sais par son entourage qu'elle peut faire des crises où elle n'est plus contrôlable. 
Hier elle est venue en consultation afin que j'appose mon cachet sur une licence de tir sportif. 
"Non madame, je pense que ce n'est pas à moi de le faire. Vous êtes suivie par un psy depuis des années et c'est lui qui doit juger si vous êtes apte. 
- Mais mon psy est d'accord!
- Alors il faut qu'il se mouille et qu'il me fasse un papier écrit".
Folle furieuse ma patiente, et moi soulagée: quelle sera ma responsabilité si elle trucide toute sa famille et son entourage?
Mais c'est toujours aussi éprouvant de dire "non", on n'a pas été éduqué pour ça durant nos études de médecine. 

lundi 9 mai 2016

Préjudice d'agrément, illustration

Une de mes victimes s'est fait rentrer dedans sur sa motocross, un dimanche. Il ne peut plus en faire maintenant car premièrement il a été sacrément refroidi, deuxièmement il souffre encore de douleurs. 
Et l'expert dépêché quelques mois après pour fait le compte des préjudices écrit noir sur blanc: Il n'y a pas de préjudice d'agrément. 
Et la motocross alors? Puisqu'il était dessus! C'est comme un alpiniste qui dévisse et qui ne peut pas remonter sur une falaise: peut-être qu'il y était par hasard le jour de l'accident , une lubie à un moment  où'il ne savait pas quoi faire d'autre et que sa copine n'était pas là pour l'occuper à d'autre jeux moins dangereux (et pas forcément plus jouissifs, mais tout ça c'est une affaire de point de vue personnel qui n'engage que moi), va-t-on savoir... 
Alors c'est un préjudice d'agrément, il n'y a pas à discuter.
Et mon patient va demander une contre-expertise, entre autre parce que l'expert n'a pas pensé qu'on pouvait faire du motocross pour le plaisir.
Et pour enfoncer le clou, ma victime va apporter une photo format A4 de lui posant en vainqueur sur sa bécane.

dimanche 8 mai 2016

tout ça à cause d'un arrêt

Une gentille patiente m'avait proposé de prendre un café avec elle. Pourquoi pas?

Et puis un jour il a fallu que je lui fasse un arrêt de travail pour un pathologie saisonnière. Je lui rédige, encaisse la consultation, la fais sortir et prend un nouveau patient. Ce dernier sorti, qui vois-je derrière la porte? La patiente: "docteur, vous ne m'avez pas prolongé mon arrêt jusqu'à dimanche. Je vais y perdre. 
- Mais la Sécu m'a demandé de ne pas intégrer le samedi et le dimanche si vous ne travaillez pas habituellement.
- Mais docteur, l'arrêt est justifié je suis malade...."
Eh bien, pour me débarrasser je lui ai refait son arrêt en intégrant les deux jours qu'elle réclamait. Et hop, deux jours de plus  à mon passif. 
Elle va pouvoir l'attendre son café, durant quelques années même. Casser une relation débutante pour deux jours de plus, Il y en a qui font leur choix. 

Et merci encore la Sécu de me mettre une telle pression!   J'en suis à rêver que je fais un burn out sévère, à  ne pouvoir ni parler, ni bouger. 
Mais ce n'est pas le genre de la maison, néanmoins je comprends certains confrères qui ne vont pas bien. 

vendredi 6 mai 2016

Un patient amoureux... mais pas de moi

J'ouvre la porte de la salle d'attente, un patient quinquagénaire m'accueille ainsi visiblement dépité: "Comment, ce n'est pas le dr Epiblond? J'ai horreur de changer de médecin, je n'ai pas l'habitude. Ou est l'autre docteur?
Vexant n'est-ce pas! C'est moi la tenancière du cabinet, et non ma jeune charmante, intelligente, blonde et  mince remplaçante. Ca s'appelle un malotru et je vais de ce pas mettre un mot dans ce dossier.
Moi aussi j'ai été jeune, charmante, un peu moins blonde, un peu moins mince! Il y a de ça quelques années, que ça passe vite...

jeudi 5 mai 2016

Gravir les échelons


Quand on prend un nouveau poste (de médecin de victime) on passe par  plusieurs stades:
1- Quand on n'y connait rien, juste la théorie  et donc on ne se rend pas compte de ses défaillances; on se fait avoir dans les grands largeurs mais on n'en est pas conscient; 

2- Quand on commence à connaître un peu les choses et on se fait rabrouer souvent par les victimes ou les avocats  (un peu trop souvent d'ailleurs...)  car on n'est quand même pas au top;

3- Quand on les maîtrise encore mieux mais pas tout à fait et qu'on se fait remettre parfois à sa place par l'expert. Et quand on se fait avoir on se promet qu'on ne nous y reprendra pas. Cet état peut durer un certain temps. 

4- Quand on est un pro et que tout le monde nous respecte et que personne ne pense à nous entuber. Il va falloir être patient et s'accrocher. 

Que de chemin entre la théorie et la pratique; les médecins d'assurance font une année complémentaire  en faculté , faisant des stages pratiques, étant suivis pas à pas par leur référent  afin d'être sans faille. 

Mais c'est stimulant, et paradoxalement plus simple que la médecine générale. Alors je continue à foncer!





mercredi 4 mai 2016

Julien Doré - Corbeau blanc

Ca fait rêver non!

On a le droit de se tromper

Un  de mes patients avait préféré prendre un médecin de recours ayant pignon sur rue, plus de 20 ans d'expérience; selon l'avocat, "toutes les assurances se plient devant lui et lui accordent ce qu'il veut". 

Pourquoi pas? Faisant contre mauvaise fortune bon cœur je l'ai accompagné le long de sa convalescence (un accident de la route avec un gros préjudice), avec le sourire et en l'orientant toujours au mieux, le parfait médecin généraliste aux petits soins pour un type qui avait "grave morflé". 

Mais c'est que ce médecin au top n'a pas pu venir à l'expertise et le patient s'est fait laminé proprement par l'expert des assurances. Conclusion: une demande de  contre-expertise et pas du tout l'assurance en plus que ce Grand Ponte puisse se déplacer! 

Mais les patients font ce qu'ils veulent, c'est leur droit; c'est juste un poil vexant. 

Et l'autre victime qui va partir en expertise tout seul comme un grand car il a été victime d'une erreur médicale qui lui a causé une invalidité catégorie 2, et une vie à moitié brisée; c'est son choix de se faire démonter la tronche en brandissant l’étendard "je suis victime, j'ai ma bonne foi!"  , je respecte. 

mardi 3 mai 2016

La Sécu est stupide, méchante, ou tout simplement lâche?

La Sécurité Sociale rejette de plus en plus les accidents de travail: une de mes patientes a fait un drôle de truc, genre crise d'angoisse ou accident vasculaire cérébral au travail, juste au moment d'une mise au point peu agréable avec son chef. Elle a été hospitalisée, mise en arrêt de travail un mois, plus une recherche de ce qui aurait pu provoquer ce malaise. 
Et la Sécu refuse! 

Je rappelle la définition d'un accident de travail:  « Est considéré comme accident du travail, quelle qu'en soit la cause, l'accident survenu par le fait ou à l'occasion du travail à toute personne salariée ou travaillant, à quelque titre ou en quelque lieu que ce soit, pour un ou plusieurs employeurs ou chefs d'entreprise. »

ou une définition plus complète: Un accident survenu au salarié par le fait ou à l'occasion de son travail, quelle qu'en soit la cause, est considéré comme accident du travail.
Pour que l'accident du travail soit reconnu, le salarié doit justifier des deux conditions suivantes :
  • il a été victime d'un fait accidentel dans le cadre de son activité professionnelle,
  • le fait accidentel a entraîné l'apparition soudaine d'une lésion.
Le fait à l'origine de l'accident du travail doit être soudain (ce qui le distingue de l'apparition de la maladie professionnelle). Il peut provenir d'un événement ou d'une série d'événements, qui doivent être datés de manière certaine.
Ce fait doit intervenir du fait ou à l'occasion du travail, ce qui implique que le salarié doit être placé sous l'autorité de l'employeur lorsque le fait accidentel se produit.
L'accident est présumé d'origine professionnelle dès lors qu'il se produit dans les locaux de l'entreprise, même pendant un temps de pause. Toutefois, la qualification d'accident du travail peut être écartée si le fait accidentel est la conséquence de faits non professionnels (par exemple, un suicide sur le lieu de travail en raison de problèmes personnels).
  À noter :
un accident qui se produit pendant un stage de formation professionnelle, même en dehors du temps de travail, est considéré comme un accident du travail.
La lésion doit être la conséquence de l'accident survenu du fait ou à l'occasion du travail.
La lésion peut être corporelle ou psychologique, comme par exemple :
  • une coupure ou une brûlure,
  • une douleur musculaire apparue soudainement à la suite du port d'une charge,
  • un malaise cardiaque,
  • un choc émotionnel consécutif à une agression commise dans l'entreprise.
La lésion doit apparaître soudainement.  
 https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F178
Ma patiente va partir en guerre. Elle est complètement dans son bon droit et on ira aussi loin qu'il le faut. 
Une autre victime de la Sécu vient aussi demain pour le même genre de tracasserie, afin que je lui fasse un rapport. 
Qu'elle le dise la Sécu: " nous n'avons plus d'argent", on comprendra! Mais qu'elle ne se comportement pas aussi sournoisement, de peur que la vérité fasse peur!
Mais je la remercie de me fournir du boulot, faut pas cracher dans la soupe

lundi 2 mai 2016

Je ne veux plus de travailleurs

Mon compagnon m'a proposé de mettre sur la porte du cabinet: "ce médecin n'accepte que les RSA (uniquement ceux qui ne travaillent pas), les chômeurs, les enfants  et les personnes âgées".

Vous avez bien compris les travailleurs: passez votre chemin, vous risqueriez d'être malade, de me demander un arrêt  et de me mettre en délicatesse avec la Sécu!